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OUVERTURE PROCHAINE D'UNE CLINIQUE DE PROXIMITÉ POUR LES ATIKAMEKW À JOLIETTE

Le Centre d'amitié autochtone de Lanaudière est présentement en train de développer une nouvelle clinique entièrement dédiée aux Atikamekw de Manawan.

C'est Jennifer Brazeau, la directrice générale du centre d'amitié autochtone de Lanaudière, qui souhaite offrir ce service ainsi qu'un endroit « culturellement sécurisé », qui permettra aux autochtones de recevoir des soins de santé sans avoir à craindre de subir de mauvais traitements ou encore du racisme. Rappelons nous que tout récemment, la mort de Joyce Echaquan, une femme autochtone et mère de famille de 28 ans, dans un hôpital de Joliette, avait indigné tout le Québec, mais a également pu rendre réticent le peuple autochtone à aller chercher de l'aide médicale en cas de besoin, croit Mme Brazeau. Et cette crainte ne daterait pas d'hier.

« Lorsque nous avons lancé cette idée, nous avions même des femmes enceintes qui voulaient savoir si elles pouvaient avoir leur bébé ici, parce qu'elles ne voulaient pas aller à l'hôpital », déclare Mme Brazeau en entrevue.



La clinique en question se nomme Mirerimowin (qui signifie « se sentir bien »). Elle accueillera ses premiers patients pas plus tard que mardi prochain, dans une des salles du Centre d'amitié autochtone de Joliette. La clinique sera ouverte deux après-midis par mois et prendra en charge des autochtones n'ayant pas déjà accès à un médecin de famille. Si les services offerts ne sont pas adaptés à certains patients, la clinique s'assurera d'orienter ceux-ci à l'endroit approprié pour eux.



La clinique de proximité ne possède pas beaucoup de ressources pour le moment, celle-ci ne pourra recevoir que huit patients par mois pour commencer. Mme Brazeau, qui a participé à une réunion en juin dernier avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, a bien entendu fait la demande pour avoir davantage de ressources matérielles ainsi que du personnel médical dans l'optique de pouvoir garder la clinique ouverte au moins une journée complète par semaine.

« Jusqu'à présent, ils ne se sont pas mobilisés pour obtenir ces ressources, et nous nous contentons donc de ce que nous avons, a-t-elle déclaré. Nous avons eu une table de massage comme table d'examen et le médecin apportera son équipement », rapporte Mme Brazeau.

« Le Québec doit également reconnaître que le racisme systémique existe contre les peuples autochtones. S'il veut régler le problème, a-t-elle soutenu, il serait important pour eux de nous écouter. C'est la première étape », ajoute-t-elle.

Source: Radio-Canada
MAÉLIE SAMSON
28 OCTOBRE 2020  (21H01)